mardi 6 septembre 2016

Deux fois 40 minutes.




Déplacer un rendez-vous.
Déplacer une répétition.
Eclaircir deux jours à cheval sur les deux semaines.
Consulter les prévisions météo.
Décider.
Bloquer ces deux jours.
Rien ni personne ne pourra venir bousiller ça.
Forêt. Village. Silence.

Parce que chaque jour, traverser partie de ville à vélo jusqu'à la nausée.
Deux fois 40 minutes à noircir ses poumons d'images de déglingue, d'abandon, de visages hagards, de silhouettes avinées, de champ de bataille en somme où chacun n'est plus que le fantôme d'un humain d'avant.
Deux fois 40 minutes à sillonner des zones puantes, ivres de détritus, comme une poubelle géante offrirait aux rats son contenu en putréfaction.
Deux fois 40 minutes à se confronter aux individus tous plus individus, chasseurs, prédateurs, proies et ennemis les uns que les autres.
Deux fois 40 minutes à humer l'air noir des regards d'une nouvelle Cour des miracles où chacun gagne et perd dans un même mouvement sa portion de territoire.
Deux fois 40 minutes qui sont combat, celui auquel tu assistes, celui auquel tu te livres, celui qui t'épuise, que tu sois gladiateur ou spectateur.

Forêt.
Village.
Silence.

Deux jours.

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