jeudi 8 septembre 2016

Frappé d'inexistence.






"Il me vient, sous terre, dans le wagon, une impression sinistre, d'oppression, d'écrasement, de ténèbres, de mort. Je me sens, et les autres voyageurs avec moi, frappé d'inexistence, vidé de toute signification et réalité, submergé de désespoir."
Pierre Bergounioux, Carnet de notes 2011-2015

Dans le cœur de l'insomnie, reprenant le rendez-vous que j'improvise quelques soirs avec le journal de Pierre Bergounioux (et quel regret d'avoir si peu lu les journaux d'écrivains, faudra se rattraper), je lis cette phrase. "Frappé d'inexistence". Je cherchais depuis quelques jours les mots qui diraient mon sentiment à subir cette ville depuis mon vélo (2 x 40 minutes/jour) et à buter contre le regard délavé d'une partie de ses habitants. Et ce sont les mots de Bergounioux qui me sautent à la gueule. Ce n'est pas sous terre, dans le métro, que je connais et reconnais ce sentiment d'inexistence, c'est en surface et malgré le soleil de ces temps-ci, rien n'y fait, le spectacle de désolation qui me submerge est si fort que je ne sais où trouver refuge pour m'éviter la dissolution.
Et là, dans quelques minutes, il faudra remonter sur sa bécane et y aller dans cette ville qui ne m'est plus qu'étrangère. Elle est morte. Ou bien est-ce moi.



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