dimanche 11 septembre 2016

Si seulement dans ma tête.




Carnet du dimanche 11 septembre, 7h45 pour les premiers mots.

Le jour.
Endormi difficilement malgré gigantesque fatigue des dernières heures à préparer et présenter quelques scènes de "Ma vie d'enfant" hier après-midi. Réveillé trop tôt aussi par une lumière dont on ne va pas se plaindre. Les tentures de la petite caravane (ce sera le nom de la maison d'édition que je créerai un jour, même si seulement dans ma tête) n'occultent presque rien du jour qui vient titiller.

Le cerf.
Ici en bordure de cette forêt qui me tient lieu de refuge, nous avons été gâtés en arrivant: vers 22h les cerfs voisins ont entamé leur brâme. Pile quelques minutes après en avoir parlé de ce brâme. Je racontais à ma compagne mon émerveillement lorsque que, et pour la première fois en octobre 2010, j'étais resté de longues minutes dans le noir, devant ma caravane, à écouter ce chant rauque et mélancolique. Ce n'est pas seulement le brâme qui est fascinant, c'est aussi l'attente figée et muette qu'on s'impose pour le recevoir quand il surgira. Mise à disposition de son corps entier, comme disant "je suis prêt, allez-y les gars!"

L'ours.
Impossible décidément de rester au milieu des gens qui, tous en joie pour l'ouverture de la saison des Riches-Claires, créaient certainement une belle ambiance dans la rue fermée à la circulation. Mais la circulation humaine, au sortir de la représentation, avec son cortège de musiques tonitruantes, stands à merguez et bière qui coule à flot  m'a pris à la poitrine et la nécessité de fuir la ville, qui déjà est vive en temps normal, s'est révélée urgentissime.

L'égo.
Impossible aussi de parler et analyser à chaud avec l'équipe du Gorki ce qui s'est produit (ou pas) lors de la représentation. Etrange formule que de présenter un travail en cours avec ce bout à bout de scènes vaguement sur le chemin d'un aboutissement. Vaguement... il faut bien le reconnaître. Et si des spectateurs, amis ou inconnus, ont déjà témoigné de leur engouement pour le travail, l'exercice révèle aussi ce qui est bancal, inutile, surcroît de mise en scène sur-signifiante, trouvailles visuelles qui ne satisfont que l'égo des heures passées à expérimenter mais ne nourrissent en rien le propos cherché au travers de l'œuvre de Gorki. Exercice utile et cruel.

Le soir.
Profiter du crépuscule à venir pour s'approcher de la forêt, s'asseoir, écouter, digérer les derniers jours.

La solitude.
Dès demain matin.




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