mercredi 3 mai 2017

Dehors est un mirage.




D’ici on peut voir un héron traverser le ciel plusieurs fois par jour.

D’ici on aperçoit les câbles à haute tension qui relient deux pylônes qu’on suppose.

D’ici quand le soleil se couche on profite des nuances chaudes que prennent les nuages.

D’ici on distingue les collines boisées qui se teintent de vert à l’arrivée du printemps.

D’ici on a la possibilité de contempler la cime des peupliers qui bordent l’étang.

D’ici on entend l’accélération des motos qui empruntent la côte.

D’ici suivant la direction du vent on identifie le flux encombré de l’autoroute.

D’ici par temps de pluie on perçoit la musique des gouttes sur le préau.

D’ici la nuit on supporte les cris des insomniaques en manque.

D’ici le matin on reconnaît le bruit des chariots à roulettes.

D’ici quelle que soit l’heure on ne sait quoi écouter.

D’ici quelle que soit l’heure on ne sait plus entendre.

D’ici quelle que soit l’heure on regarde dehors.

D’ici quelle que soit l’heure dehors est un mirage.

D’ici quel que soit le mirage on s’endort les yeux ouverts.

D’ici qui qu’on soit on imagine le dehors.


Ecrit dans le cadre du collectif "Les écoutes bienveillantes"

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