mardi 6 juin 2017

Carnets d'un temps inconnu / 06-06-2017

Je ne sais pas ce qu'ici exactement j'écris.

Hier, au retour des Ardennes, pris le temps et trouvé (où) l'énergie de travailler sur l'adaptation de Candide. Il m'arrive de trouver l'oeuvre excessivement (péniblement) foutraque et c'est sans doute le sacré bordel qu'est le monde traversé par Candide qui me le rend si proche. Autant de faits, personnages et d'actions en si peu de pages... J'ai toujours été bluffé par ce récit farci d'invraisemblances et de raccourcis qui m'offre à chaque lecture (déjà monté à Avignon une autre version en 2000) des vignettes nouvelles, c'est de la bande dessinée avant l'heure. Ou du Time Lapse.

Peut-être que j'écris n'importe quoi.

Sacrées pluies ce matin par contraste à la dernière quinzaine qui nous a gratifié d'un soleil et d'une chaleur inversement proportionnels à notre état intérieur.

Regardé la vidéo de François Bon sur le festival Etonnants Voyageurs de Saint-Malo. Tellement de souvenirs liés à cette ville, cette région, Dinard, Dinan, Rennes plus bas, le Golfe du Morbihan de l'autre côté au sud, et l'amie Laurence disparue dans les noirceurs de l'alcool, sans plus aucune nouvelle vive depuis six ans, une dernière fois sa voix si faible au téléphone il y a deux ans. Dérive inouïe d'un être lumineux, mère de deux enfants du même âge que les miens, engloutie dans une dépression mortifère. Vingt ans d'amitié et ne plus savoir si elle est seulement vivante quelque part.





Hospitalisation aujourd'hui, intervention demain, le 6 juin est l'entrée dans un processus de soins dont on ignore l'issue. On ignore quel sera le quotidien, quelles forces il faudra puiser et où. L'amour est fort, on a ça comme socle.

J'écris certainement par amour, de peur de le perdre.

Passé la soirée d'hier à m'intéresser au régime Cétogène... On lit ce qu'on peut, sachant que les sucres favorisent le développement des mauvaises cellules. On réfléchit.

Que de cafouillages dans cet hôpital, raconterai ça demain.

Rentré après avoir acheté quelques plans de tomates en plus à repiquer dans la cour.

Le chat est en vadrouille.

Manger et continuer la lecture de Derborence de Ramuz, dont l'écriture est magnifique. Dire que j'avais ce bouquin depuis plus de 20 ans dans ma bibliothèque. Comme il jongle avec les temps dans sa narration! Puissant et fragile comme la montagne où se situe l'action.

J'écris comme on enfonce une porte, parce que je lis et tombe de ma chaise tellement c'est beau ou juste ou sidérant.

Quelques personnes ont laissé leur mail pour recevoir ceci que j'écris là. Des gens biens, des gens que j'admire, des gens que je lis. Des gens que je n'ai pas toujours rencontré. Ou pas encore. Depuis cinq ans que je suis surveillé et aujourd'hui que ma compagne est percutée à sont tour, et plus violemment plus soudainement, la question de l'amitié, des amitiés se pose, avec des esquisses de réponses étonnantes parfois.

Bu un verre de vin rouge. Et mal de tête dans la foulée.

Les limaces ont eu raison du plan de courgette. En mettre plus et espérer qu'elles n'aient pas le temps de tout s'accaparer. Espérer pour tout.

J'écris parce que c'est là que je peux stocker l'espoir.




1 commentaire:

  1. Dehors le vent souffle comme il pousse les bateaux, comme il souffle la tempête... A mon retour de Varsovie, l'avion a traversé l'orage, nous avons traversé l'orage...
    Les secousses de la vie nous transportent rarement là où nous nous y attendions, et là d'imprévisibles ressources ne demandent qu'à émerger.
    Voilà le bien que je vous souhaite à tous les deux
    Récits du dedeans, du dehors, à bientôt

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