samedi 17 juin 2017

Carnets d'un temps inconnu / 17-06-2017


Première chose ce matin: me désinscrire de la newsletter de Ecolo, parti pour lequel je vote depuis vingt ans. Ayant vaguement cotoyé l'un ou l'autre de ses membres, lisant de loin ce qu'ils disent et font, ayant appris bien malgré moi le comportement de certains petits élus avec l'argent public, j'en conclus que là comme ailleurs, ça use et abuse du pouvoir et des privilèges, des arrangements et des compromis. C'est la troisième fois que je tente de me désinscrire. Ils sont tenaces. Moi aussi.

Une semaine sans prendre de note. C'est que la tension des dernières semaines est revenue comme un boomerang. Sommeil pire que jamais, humeur maussade, lassitude, énergie enfouie je ne sais où, juste ce qu'il faut pour s'occuper des proches.
Mon anniversaire est passé comme ça. Reçu des messages qui m'ont chauffé le cœur car venus souvent de personnes que je connais peu mais avec lesquelles des liens se tissent au travers de l'écriture, des ateliers en ligne.



Reçu une carte d'anniversaire (et de soutien) de Philippe Girault-Daussan. Ca me touche beaucoup ce genre de geste. On ne s'est jamais rencontré avec Philippe, on a fait connaissance par les ateliers de François et on est devenu ami sur Facebook. J'espère qu'on se rencontrera. Comme ce fut le cas avec Canan Marasligil et Marlen Sauvage. Et même espoir avec Arnaud de la Cotte, Gwen Denieul, Anh Mat, Anne Savelli, Stewen Corvez, Françoise Durif, Erika Fulop, d'autres...

Le blog de Philippe Girault-Daussan : http://lesdestinataireseclaires.fr/

Grand questionnement chez moi sur la notion d'amitié. Après trente ans de théâtre, je constate bien peu d'amitiés solides. Il n'y a pas chez les théâtreux de fraternité, beaucoup d'intérêts personnels, de places à prendre. Bon.

La vidéo de Gwen Denieul me reste en tête.

https://www.youtube.com/watch?v=EY7Ompk_tmc&t=672s

Que reste-t-il de certaines amitiés qu'on croyait inébranlables? Je ne suis pas un modèle. Je me suis éloigné de quelques uns, les affinités s'estompaient, les discours épuisaient. C'est un mystère. Il faudra y revenir par l'écriture.

Passé chez le coiffeur. Un tunisien marié à une polonaise. Un athée à la voix éraillée. J'aime parler avec lui. Euronews en toile de fond, on aborde un peu tout, politique, éducation, attentats, enfants qui grandissent. Ca reste de la discussion de comptoir mais ça me va. J'ai toujours détesté parlé avec les coiffeurs, sauf avec lui. Et il a parfaitement compris, depuis 12 ans que j'y vais, ce que je voulais comme coupe, simple, il exécute ça en vingt minutes pour dix euros. Il a un beau sourire, on doit avoir le même âge. Il est resté mince lui, c'est la seule petite jalousie que je concède.

Lu les premières contributions à l'Atelier d'été de François Bon: personnages. C'est bluffant. Ca m'impressionne, idées, forme, style, le potentiel d'histoires est vertigineux... Je m'y suis mis, je peine, la facilité m'entraîne à prendre des personnes que je connais et dont j'ai juste envie de me foutre. Trop de cynisme. Là, l'idée me vient de prendre le chirurgien qui a opéré ma compagne. Beaucoup d'empathie pour lui, c'est une bonne piste.

Lu aussi le journal de Marlen Sauvage sur son blog Les Ateliers du Déluge. Marlen rédige par semaine ou quinzaine et on lit à deux mois d'intervalle environ. Quelque chose de fort dans son journal, la présence quotidienne de l'atelier d'écriture dans des contextes divers et son inscription dans un territoire précis, territoire que je commence à connaître un peu en Lozère. Grand fantasme chez moi, je le reconnais, d'aller m'installer là-bas. Mettre une heure trente pour faire quarante kilomètres me va bien. Eloge de la lenteur et de la géographie qui impose son rythme.

https://les-ateliers-du-deluge.com

On attend lundi.
Lundi, on saura quelle est la suite de l'opération, quelle sera la lourdeur des traitements.
On organisera la vie en fonction de cette présence quotidienne à l'hôpital. Plus tard, en juillet, j'aurai des nouvelles de mon cas, suite aux examens de juin.

Deux jours à la caravane dans les Ardennes, tenter d'avancer sur l'adaptation de Candide. Chercher quelques fromages de chèvre pas loin et faire les brocantes.

Sans doute mardi prochain, selon l'humeur, se faire un cinéma, le documentaire sur David Lynch.

Et vendredi, à mon tour de faire un peu de cinéma, de télévision plutôt. Une journée de tournage dans une série policière qui a le vent en poupe. Jouer un banquier. Comme si j'avais une tête de banquier.

Comme si j'avais une tête.


1 commentaire:

  1. oui, fascination et admiration par le journal de Marlen... (ses personnages sont pas mal aussi)

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