mercredi 21 juin 2017

Carnets d'un temps inconnu / 21-06-2017

C'est l'été.

C'est les mauvaises nouvelles qui sont bonnes.

C'est moins lourd mais c'est un traitement quand même.

C'est la peau brûlée, le poumon qui perd un peu de sa capacité mais "sauf si vous avez l'intention de faire le Tour de France, vous ne le sentirez pas."

C'est à nouveau à la une chez nous cette dinguerie terroriste.

C'est à se demander si après l'été, quand le gamin reprendra les cours, les stations de métro, les gares, je pourrai être serein.

C'est un scanner et puis quinze jours après le début des rayons.

C'est trois semaines de rayons, cinq fois par semaine. "Vous avez une préférence pour l'heure? On ne garantit rien mais si on peut faire plaisir."



C'est pas grand-chose et c'est beaucoup d'être un numéro qu'on considère et qu'on écoute. Un numéro à visage.

C'est impressionnant, en étant régulièrement dans deux hôpitaux de la région, de voir le monde qui déambule, hagard, dans les couloirs. L'impression que la moitié de la Belgique se fait soigner à l'hosto. Heureusement qu'il y a du soleil quand on sort.

C'est pas grave de ne pas donner cours l'an prochain. Je ne postulerai plus. Quand on voit qui est choisi, on comprend que les dés étaient jetés dès le départ. On déplace de grade des enseignants déjà en place, on a besoin d'aucune tête nouvelle, on ouvre à des candidatures extérieures pour le principe, mais on reste entre soi. Je comprends mieux pourquoi le jour où j'ai dû défendre ma candidature vers 19h devant un parterre d'enseignants et d'administratifs qui étaient là depuis 10 h du matin, le directeur m'a demandé discrètement de présenter mon projet pédagogique en cinq minutes (au lieu de 30...) car ils étaient en retard et fatigués. Et confirmation que les enseignants choisis sont eux-mêmes sortis de cette école (et certains sont de très bons camarades, je les respecte).  J'ai perdu mon temps, stressé, imaginé que peut-être ce serait une expérience chouette, qu'il était temps vu mon âge que je m'y coltine, etc, etc... Je sens surtout que je me rapproche du jour où je vais la trouver cette petite maison dans les Cévennes ou dans le Lot pour écrire et vivre avec trois chemises et en sandales. Et écrire, écrire, écrire.

C'est après-demain ce tournage pour le feuilleton télé. Plus de texte à dire que prévu. Et devoir se raser une partie de la barbe pour faire banquier. Il semblerait que les banquiers portent le bouc.



C'est plutôt rassurant que les mauvaises nouvelles soient bonnes.




6 commentaires:

  1. être un numéro qu'on considère c'est énorme (et moi ça a toujours été le cas, en endroits semblables, ce qui amène à être un numéro conciliant et coopératif )

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    1. un peu de temps accordé, de sourire, d'humour et presque comme une lettre à la poste

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  2. Un échange de confiance, de regards, et l'espoir reprend des forces.

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  3. On se rassure, et on se dit que oui, garder aussi assez d'espoir en soi importe; et certains de ceux qui travaillent là savent en allumer la petite lampe.

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  4. J'aime te lire, Claude. Simplement merci et courage

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