jeudi 20 juillet 2017

Carnets d'un temps inconnu / 20-07-2017

Ca échappe.
Ce que l'autre vit échappe.
Un processus de soins est mis en place. On ne peut pas le vivre à la place de l'autre. Ni avec l'autre. On le vit après par questions interposées. On a beau être l'accompagnant de nombreux rendez-vous, à un moment donné, on reste devant la porte du service, de la salle avec la grosse machine. On n'assiste pas aux massages proposés pour relaxer, on n'entend rien de ce qui se dit entre infirmières et patiente. On a été présent comme on a pu, maintenant que le traitement est quotidien et répétitif durant quelques semaines, on n'a plus qu'à offrir son sourire et son écoute au retour, souvent le soir en se retrouvant.

Une connaissance m'a parlé du rôle de celui qui accompagne, ce qu'il vit, ressent. De qui s'en soucie. Personne. Impression que personne.
Le paradoxe ici est d'être l'accompagnant de chacun, si ce n'est que subitement le sort fait de l'un l'accompagnant à temps (presque) plein et de l'autre le patient à temps (presque) complet.




Un matin, celui qui est accompagnant temps (presque) plein doit lui-même se rendre à un rendez-vous important qui concerne sa situation. Le patient à temps (presque) complet ne peut l'accompagner étant lui-même dans ses soins quotidiens. Les heures de convocation sont quasi identiques, les lieux divergent. Chacun son coté de la ville. Chacun son côté de la vie.



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