dimanche 4 janvier 2026

Journal du temps qui manque / 1.




1. C'est quand on manque de temps qu'on décide de se rajouter des choses à faire. En l'occurrence ici de l'écriture sans doute foutraque.
Mais peut-être que cet espace soulagera (aérera?) la somme des travaux (combats?)- professionnels et surtout personnels - à mener à bon port.

2. J'ai souvent besoin d'écouter un écrivain ou une autrice parler. Besoin de la voix, des hésitations, du grain, de la pensée qui s'éparpille pour répondre à des questions de journalistes ou de médiateurices. 
En ce moment c'est Martin Winckler. Il a suffi que Youtube me suggère une vidéo de présentation de son prochain bouquin pour que je regarde plusieurs entretiens avec lui. En souvenir aussi du bref échange que j'ai eu avec lui lors d'une rencontre en vidéo organisée par François Bon.
Comme souvent quand un auteur m'intéresse, j'achète (en occasion) plusieurs de ses bouquins et, en ce moment, c'est Légendes (2002) qui m'occupe et me passionne. J'y découvre toute une série de points communs avec ma culture : séries marquantes de l'adolescence, lectures (Bob Morane, Arsène Lupin, Jules Verne).
Dans la somme des livres que les écrivain.es consacrent à leur propre vie, celui-ci m'enchante particulièrement. Sans complaisance, léger, cocasse, touchant et autres adjectifs qui ne me viennent pas. Les prochains sur la liste sont Le Choeur des femmes et L'école des soignantes. Comme à mon habitude en matière de livres, j'ai déjà lu quelques pages de chacun d'eux. 

3. Je dois répartir la consommation d'eau des trois appartements de la maison. J'assume ce travail de syndic depuis vingt ans et, comme il n'y a eu que des soucis dans ce petit immeuble, il s'agit bien d'une corvée récurrente. Le fait que les dernières marches d'accès à la cave se soient effondrées avant les fêtes ne fait que renforcer la détestation que j'ai pour cette tâche quasi bénévole. 

4. Les deux spectacles à mener à terme (l'un pour le 9 avril, l'autre pour le 29 mai) me paraissent être parmi les plus complexes que j'aurai eu à monter.
Ou alors, je vieillis et je n'ai plus cette inconscience fonceuse dont l'autodidacte que je suis a eu besoin, depuis presque quarante ans, pour entreprendre la somme des projets sur lesquels j'ai travaillé.

5. Il fait froid et ce qui s'annonce est pire, jusqu'à - 8° en journée à la mi-janvier.
Le froid est devenu une torture depuis le (la?) Covid et la mauvaise assimilation du vaccin chez moi. La maladie auto-immune qui en a découlé me plonge depuis dans un inconfort quotidien dont je me passerais volontiers.
Gants, sous-gants, écharpes et bonnet (même en intérieur) me rendent méconnaissable sous les couches de tissus en tous genres qu'il me faut pour traverser l'hiver.

6. Je suis content. Il semblerait qu'un petit poële à bois soit envisageable dans ma caravane située en bordure de forêt (et donc humide et glaciale et invivable tout l'hiver).
Hâte de faire (faire) les travaux au printemps prochain et d'envisager une présence hivernal dès 2027 dans ce lieu où, il n'y a pas photo, il fait bon vivre et écrire.

7. Hier soir, j'ai enfin vu Anatomie d'une chute, le film de Justine Triet. Toujours délicat de découvrir une oeuvre multi primée et commentée.
Dans ce cas-ci, l'attente est plus que récompensée: je ne vois pas une réserve à émettre. Au contraire, tout y est d'une densité incroyable. Pas un poil de gras et de facilité.
Longtemps que je n'ai pas été à ce point impressionné. Bonheur.


A la prochaine.



2 commentaires:

  1. Bonjour Claude,
    Cette question des spectacles plus complexes, je m’en fais aussi la remarque depuis 3 ans. Le vieillissement en est la cause, oui, mais pas comme tu le laisses entendre, je crois. Riches de ce que nous avons créé, nous envisageons des dispositifs toujours plus ambitieux. Complexe, heureusement, signifie "doté d'un centre". Mettons que nous nous autorisons enfin à naviguer loin des côtes. Et vive le petit poêle ! Tu m'as fait penser à Gabrielle d'encabanée ....

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  2. Bonne nouvelle que ta décision d'en rajouter, quitte à faire déborder, que des choses qui résonnent par ici. Débordement indispensable pour faire avancer ? À rapprocher de l'idée de masse critique d'un certain François Bon ?

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