jeudi 22 février 2018

la forêt : branches 1-11






1


il y a une forêt dans mes yeux
je l'ai réalisé en entendant crier l'écorce
alors que je cherchais le sommeil sur le béton



2


la forêt s'étendait de tout son silence
grondant seulement de souvenirs meurtris
elle agrippait quiconque tentait un passage en lisière
rejetant par bordées fugaces et étouffantes
les particules broyées des voyageurs


3

en déplacement
la forêt
cherche
l'idéal humus

se planter
à nouveau

en déplacement
la forêt
oublie
de sa vie
l'infernale crainte
de
l'humain



4

à
cloche-racine
la forêt
gambade
un chant
poussé
nu
en annonce
 
arrivée
nulle part
ou
n'importe

la forêt
aphone
s'écroule




5
du bas
par effleurements
gratte
un peuple
avide
de songer
la forêt


chocs
aux
écorces
tremblements
secousses
rêvasse
la forêt




6


la forêt

prépare

nul ne sait

pas même elle

quoi

en cris froissements

à son aise

promet

la grande forêt



la forêt

prépare

nul ne voit

pas même nous

quand

en vagues dérives

à son rythme

projette

l’immense forêt



la forêt

prépare

nul ne sent

pas même eux

qui

en tronçons filaments

à son souffle

progresse

l’inépuisable forêt



7

rien que
la forêt
odeurs
aveugles
fantômes

traces fraiches

meubles


traces fraiche


rien d’autre

la forêt

perles

pleines

réminiscences

averses neuves
claires




8


ne s'y attendait pas
la forêt
aux palabres
à son sujet
sans jamais
la consulter
ni rien
lui demander
ou
simplement
la regarder
avec des yeux
vierges
dénudés
d’avenir
la consulter

ni rien

lui demander

ou

simplement

la regarder

avec des yeux
vierges
dénudés
d’avenir




9


sa voix

en creux

en échos tendres

la malaxe

en siècles

en vies cumulées

la forêt



sa voix

en chants

en tensions douces

la sculpte

en plaines

en vies répandues

la forêt





10




la forêt
existe
seule
silencieuse
avide
de vent imprévu
de pluie surprenante

de vent imprévu
de pluie surprenante


 la forêt
subsiste
sage
somnolente
attentive
à la nuit épaisse
au ciel éclairé




11


d'un mouvement franc

s'écartèle

fige en ondes

la forêt

grave
toute secousse
jusqu’au socle noble

toute secousse

jusqu’au socle noble



d’un flottement âpre

s’amoncelle

fonde en tiges

la forêt

gorge

toute semence

jusqu’à la canopée ample


mardi 13 février 2018

QQE 172 : le gris.

13/02/2018




du haut de sa prétention
fort de son habitude de plomber nos matinées
dissimulant à peine ses sarcasmes sous un voile uniforme

le gris

aura-t-il

(jusqu'à notre disparition)

le dernier mot

sur

notre désir
notre besoin
notre appétit

d'heures éclatantes

à perte de vue à perte de vie à perte de rêve

?



lundi 12 février 2018

QQE 171 : le bleu.

12/02/2018




le

bleu

des

toits

est-il

seul

responsable

du

brouillard épais

qui

recouvre

l'amour

océanique

que

je te porte

?