mardi 16 octobre 2018

Poèmes fondus / 26





irions-nous accrocher
notre prochain amour
contre tous

envie d’envies

valse bien mon cœur
valsez bien mes pieds
le chapiteau de verre
nous sourit







Ce matin / 15



ce seul matin

des réflexes de seul des habitudes de seul des pensées de seul des mécanismes de seul
des idioties de seul des silences de seul des inquiétudes de seul des cornichons de seul
des mouvements de seul des recettes de seul des écrans de seul des choix de seul des

mon seul me regarde gavé de lui-même
mon seul est au seuil de son deuil

sinon ça va seul et laisse une marque
sauf si je me fais un câlin seul

lundi 15 octobre 2018

Poèmes fondus / 25

d'après





supplication un
oreilles à boire
regards à dire
peu           vous condamne


supplication 2
franc martèlement du manque
mon refuge serait
          flou


supplication 3
ai-je beauté atroce à franchir
          sans piège
     dépouillée


supplication 4
gouttes
folies des bruits
comprenez
mes chaussures           se noient


supplication 423
guerresfilles/livresfilles/sensfilles/foliesfilles
                                                                           charriez
être texte
et supplications











dimanche 14 octobre 2018

Ce matin / 14



ce matin

est mon demain d'hier et mon lendemain d'un oubli déjà

devenir ce que je suis ou être ce que je pense ou penser ce que je deviens ou être en train de devenir ce que j'ai toujours pensé qu'il fallait que je sois bref

bref est mot de plus en plus apprécié de plus en plus inévitable de plus en plus bref

voté ce jour avec dégoût de cet écran tactile glacial comme un toucher rectal

sinon ça bref
sauf




samedi 13 octobre 2018

Poèmes fondus / 24





se lover dans l’immédiat bientôt
est intérieur
et
toujours

trouver son quoi quoi
aussi
sa place naturelle dans le gonflant
sa réserve infinie dans le roulant
dresser son quoi quoi
aussi
son obus avide dans le gesticulant
sa flèche souveraine dans le transperçant
pétrir son quoi quoi
aussi
sa vitesse intérieure dans l’attaquant
sa joie envahissante dans l’écartant
hiberner son quoi quoi
quand aussi
son plafond ravagé crie dans le culbutant
sa personnalité mesquine gueule dans le pointant

quand
sa vérité traquée ruisselle dans l’accablant
quand tout à coup
quand en vérité
quand d’un instant

quand trop entre en trop
on est aussitôt d’être enfin lové


Ce matin / 13




ce matin (n'est pas un matin ordinaire)
accueillir Arno voilà qui rend heureux 

accède à une certaine complicité avec moi-même
déplore une perte de complicité avec le monde extérieur

trop de choses tue le trop

sinon ça vaut pas le goût
sauf que figure sans r a un goût de figue


vendredi 12 octobre 2018

Poèmes fondus / 23

d'après



une maison femme
souffle disponible à
jamais maternelle
y habiter

un asile femme
merveille inconnue en
palais maternel
y nicher

d’une bouche-loi à une bouche-joie

y parler y apprendre y rire
y expulser
y vivre

tranquille





Ce matin / 12



ce chagrin

il faut bien sortir ce qu'on n'a pas en soi puisque personne ne sort ce que j'ai en moi
cherche petit comportement à louer quelques maîtres carrés
certitude et aveuglement sont dans un bateau / la mer tousse / un océan de bêtises
parfois on voudrait n'avoir lu que deux mots mais quels mots ou les avoir écrits

sinon ça flotte
sauf quand ça coule




jeudi 11 octobre 2018

Poèmes fondus / 22





je me gratte le fond du temps
l’interminable choc du monde monde
je me surveille le fond d’altitude
l’aveuglant savoir du monde mond
je m’observe le fond du souvenir
le gros derrière du monde mon
je me frappe le fond du chantier
le sec hiver du monde mo
je m’agite le fond d’adulte
le haut bruit du monde m

je me sais
le fond du fond
le bas rival de la vie
le bel ennemi du temps

le majestueux dernier enfant du m.o.n.d.e.


Ce matin / 11


ce matin 

reste planté devant son cerveau en cherchant  les heures d'ouverture 
ni d'yeux nid d'aigle 
ni virtuosité ni virtualité ni impétuosité ni actualité
la panique aussi sait se faire attendre

sinon ça rime à rien 
sauf en cas d'absence prolongée 


mercredi 10 octobre 2018

ce matin / 10




ce matin

pourrait tomber ce soir ça nous changerait avant que nuits et jours se confondent pour de bon avec ces quelques degrés de plus qu'on se crée

la langue est plus que jamais le lieu du combat*

si je triais les déchets de mon cerveau il faudrait des containers géants

l'employé à l'entrée du container justice fait déjà la gueule en me voyant chargé comme ça

sinon ça varie entre soir et matin
sauf que mal au crâne de toute cette langue juridique brassée pendant 10 ans



in "La poésie sauvera le monde" de Jean-Pierre Siméon

lundi 8 octobre 2018

ce matin / 9




ce matin (comme depuis si longtemps)

mon dos va bientôt fêter son anniversaire / tous les huit mois environ c'est sa fête / d'où l'impression calculée qu'il approche des 80 bougies

mon dos n'en fait qu''à sa tête / la mienne il la supporte tant mal que bien

mon dos regarde derrière moi je lui laisse cette prérogative

mon dos souffre en silence alors que moi je m'en plains ouvertement

mon dos donne parfois le sentiment d'en avoir plein de moi

sinon il y a pire
sauf que debout assis couché je le maudis

à demain mon dos


Poèmes fondus / 21

 d'après




ma langue silence ! n’espère
va
vide mes souffles
il vient mon ventre ! s’enflammer aux marquises

ma langue assassine ! n’espère
va
galope mes tumeurs
il vient mon cerveau ! accoucher sous l’émeute

ma langue gorge ! n’espère
va
dégueule mes boyaux
il vient mon sanglot ! becqueter à la terreur

chiens d’anges trompez l’âge dans ses accidents lorsque ma moëlle perdra sa voix d’enfant et que mon cerveau éructera à coups d’électrochocs

fier le quelqu’un toutes bêtes dehors
va ce quelqu’un va





samedi 6 octobre 2018

Ce matin / 8



ce matin

on est si vite oublié même par soi-même 
pour qui se prennent-ils ces rêves qui s'interrompent avant le dénouement 
savoir que le café va écrire pour soi c'est matinalement jouissif 
le zozo tu fais le zozo pour trois francs si saoul 

sinon ça vaque 
sauf si ça vaque à se croiser le nombril 



jeudi 4 octobre 2018

Ce matin / 7



ce matin

la télévision si elle avait un peu de dignité deviendrait zéro émission

"la grande perte de notre société occidentale, c'est le mystère" Laurent Gaudé

été indien certes certes certes mais pour combien d'émissions

délogé, débouté, délavé, dézingué, déprimé, décidément, tout se joue aux dés


sinon ça va
sauf que ça va en s'agrippant


Poèmes fondus / 20

d'après "Voyage d'une parisienne à Lhassa" de Alexandra David-Neel,
éditions La République des Lettres



franchissant des obscurités
sous les
émergeant des yeux
sous les
déboisant des solitudes
sous les
distinguant des murs
sous les
bâtissant des existences
sous les

nuits

à notre nuit insu

brusqu/soudain/ement
casse la tête
au milieu de nous
casse la tête
au vent de nous

à notre nuit
le chemin de nous
atteignons



Ce matin / 6



ce matin (ou peut-être demain)

laver les vitres disons au moins une vitre
je m'écris aussi - je n'écris que - par fragments
nous sommes tous dans des mètres cubes de silence à faire les pitres
de l'atelier d'hier des instants (comme à chaque fois) d'étonnements

sinon ça va
sauf migraine ou quelque chose d'approchant



mercredi 3 octobre 2018

Poèmes fondus / 19


d'après



il y avait ce temps-là
hélas oppresseur
femme homme
un sexe on
refusé
à certain.e.s

il y montrait ce temps-vieux
aliénation oppression
corps esclaves
noire horreur
hélas

il y apparaissait ce temps-d’ailleurs
un impossible d’être
on
puisque
les autres
les ombres
la réalité
le temps

et naturel est de devenir
d’échapper aux causes
du simple loin des familles

dire on pour nous
dire on pour femme homme
rester on et vrai



mardi 2 octobre 2018

Poèmes fondus / 18


d'après



avant que peau irise que peau incise
que peau bouffe
peau d’avant mot d’avant mot
d’avant le dehors l’accidentel dehors
peau d’avant peau d’avant mot d’avant peau
avant que veine rougisse que goudron tapisse
qu’entaille perce
peau d’avant mot d’avant peau d’avant avant mot
d’avant l’acétone l’accidentel acétone
peau d’avant avant mot d’avant avant peau


avant le regard par la peau
le regard par les mots
avant le parler par les mots
le parler par la peau


Ce matin / 5





ce matin

la chaudière manque de pression petit voyant rouge
hier soir lu la déclaration des droits de l'homme
il suffirait de presque rien pour que tout bouge
combien de tomates arriveront pour ma pomme

sinon ça va comme je me pousse
sauf quand je me pousse sans conviction


lundi 1 octobre 2018

Poèmes fondus / 17

d'après "Mort d'un cheval dans les bras de sa mère" de Jane Sautière, éditions Verticales



lèche
l’éphémère
l’écarté
le fébrile
l’étirement
l’offert
la barbarie
la piqûre
le possédé
le bord
la force
la grâce


caresse
le susceptible hasardeux le fragile herculéen


à la nuit souple
l’heure première du bonheur
hormis tel humain
telle humaine
abrite
un au-delà



dimanche 30 septembre 2018

Poèmes fondus / 16



d'après



belles / amoureuses de pluies
blotties / au fond des poches bleues
leurs lumières / t e n d u e s / contre les gouttes
d’y être désirs / silencieuses
selon des contes obscurs / appelées
de danses ou d’oiseaux / palpitantes


longtemps
elles / seules
nos / petites / mères
voyaient


Ce matin /4


ce matin

encore des sédiments hors de la biosphère
c'est quoi ce bordel tout est redevenu possible 
les droits de la fiction dans la biosphère 
ne pas se fixer sur le possible juste le sensible 

sinon ça va Carpentier
sauf Pierre Soulages qui s'étale sur Coin Coin

Ce matin / 3




ce matin 


rendormi à coup de chance

la philosophie où commencer 
remplacer la confiance par la méfiance 
le chat se croit encore en été 

sinon ça va 
sauf le temps si peu empathique avec moi


vendredi 28 septembre 2018

Ce matin / 2




ce matin

le mot fantôme est résignation
roule ta cabosse partout
cheveux à la question
soleil merci pour tout

sinon ça va
sauf le décompte en banque route


jeudi 27 septembre 2018

Ce matin / 1





ce matin 

corps non apparu
attente vaine des zygomatiques 
futur détendu 
maelstrom bordélique 

sinon ca va
sauf le frelon tardif sur l'écran d'ordinateur 

mercredi 26 septembre 2018

Poèmes fondus / 15








fin
peut-être
est une idée frontière

matériau collé sur l'étrange
lieu envahi d'effet
geste limité à l'inattendu

fin
peut-être
est une question éclaircie

extension chantée par nature
pensée interdite d'écoute
usage lumineux du juste

fin ?
fin au moins du tout  ?

toi idiot
quelle explication

lundi 24 septembre 2018

Poèmes fondus / 14


d'après "L'homme qui plantait des arbres" de Jean Giono, éditions Gallimard



j’étais travail
pâture à travail compté
paquet fendillé à travail


j’étais suicide
sac à suicide meurtrier
peur couchée à suicide


j’étais
sans repos
nerfs et folie
bête de combe
montée du troupeau
trempée d’obligatoire


fruit parfait de société
j’étais
sans paix
sans vertu
sans vice
du côté
fer
et
bâton




dimanche 23 septembre 2018

Poèmes fondus / 13


d'après "La vie devant soi" de Emile Ajar



recherche
un truc
on
vite qui
me ferait
seulement du
bien tellement
vite
envie on
d’un coup
vite
sauter une
fleur qui bat
vite on
fouetter un
con j’en rêve
foutre là ou ailleurs
vite
crever gentiment
encore l’avenir
une fois on
sentir seulement
le cœur bon
une fois
pas plus qu’ un moment on
avec quelqu’un
fort
madame
vous





mercredi 19 septembre 2018

QQE 176 : trop





est-ce
moi
qui
ne digère pas
le
monde

ou

le
monde
qui
me digère trop bien

?






Poèmes fondus / 12


d'après "Nous avons toujours vécu au château" de Shirley Jackson, éditions Rivages Noir



grouillent de surprises
le pré
la pinède
l’herbe


quand
constamment
j’assèche
divisé
lâche de trésors jamais
tissés
souterrain de joyaux jamais
grandis


à mesure
vastes
les journées
enterrent
leurs plaisirs


et moi complètement moi
lucide d’être
mort
d’être souvenir


cédé



mardi 18 septembre 2018

Poèmes fondus / 11


d'après "Pour les vivants et les morts" de Thomas Tranströmer, éditions Le castor astral





nous amassons

en essaims

des écritures

écaillées

illisibles

silencieuses

persistantes



ce qui bruisse en nous

nous bouscule

ce qui dépasse en nous

nous déplace



heureux qui ignorez

avez-vous payé

à l’aube humaine

notre souffle uni



où allons-nous



devinez



lundi 17 septembre 2018

Poèmes fondus / 10



d'après "Une longue impatience" de Gaëlle Josse, éditions Notabilia




pas mon enfance / diable / pas le fil
pas mon enfance enfouie de trous
me résiste la bête à feux

pas mon enfance / diable / pas la force
pas mon enfance sèche de chemins
me presse la bête à coups


pas mon enfance / diable / pas la vie
pas mon enfance terminée de couleurs
me cède la bête à bosses

pas mon enfance / diable / pas l’histoire
pas mon enfance habillée d’infini
me danse la bête à douceurs

diable
tiens la lueur droite
diable
pas mon enfance
pas
là où je ne sais rien


samedi 15 septembre 2018

Poèmes fondus / 9


d'après "Je suis debout" de Lucien Suel, éditions La table ronde




ou

costume après costume

allongé dans du confondu

plastique

je paupière

chorégraphies de sensations

ou ici

balancé dans du débout

géographique

je frontière

bataille de vibrations

ou ici ou ici ou ici ou sur



l’herbe du je

tranquillement écrasée



ou

lambeau après lambeau

dérivé dans du visible

indélébile

je cloche

ventriloque de conversations

ou là

déroulé dans de l’urbain

je braise

pleureur de situations

ou là ou là ou là ou après



l’herbe du je

sauvagement écrasée




jeudi 13 septembre 2018

Poèmes fondus / 8


d'après "Bleu de travail" de Thomas Vinau, Editions La fosse aux ours



et nous les bêtes

l’autre morsure



encore

fumier des larves

poussière des flammes

oxygène des fossiles

énergie des larmes



nous sommes

bête des nuits respirées de rumeurs

bête des musiques sourdes de sédiments

bête des baisers bouillonnants d’herbes



le vent ou l’autre

trop tard

l’air hurlé



nous la vieille bête du monde





mercredi 12 septembre 2018

Poèmes fondus / 7


d'après "La haute folie des mers" de Vincent Calvet, Editions Cheyne




en toi

s’agitent

buées fêlées

aggravant les pierres blêmes des maisons


dérivent

plaies incendiées

arpentant la peau lourde des départs

chancellent

émigrés brûlés

saignant les yeux lents des adieux

en toi

l’espace parfait se décide

toi

mirage onde à mes yeux

je geste ton regard


Poèmes fondus / 6


d'après "Le dehors ou la migration des truites" de Arno Bertina, Editions Actes Sud




parler le découvre
tendu
la bouche coupable
le temps incongru du combat

parler le confine
crispé
la peau fébrile
le côté humble du sauvage

elle réalise
les iles
elle écoute
les mélancolies