vendredi 7 décembre 2018

Poèmes fondus / 39






qui rit encore

honneur / coupé
visages / coupés
couleurs / coupées
terre / coupée
savoir / coupé
chance / coupée

l a   g u e r r e   m a l a d e   e s t   v e n u e
débouchée à coups de grimaces
pâle maigre convulsée

l’air va trembler
l’air va crier
l’air va pleurer
l’air va claquer
l’air va raser
l’air va souffrir

il y a une chance sur une / contre va vers contre














mercredi 5 décembre 2018

Ce matin / 38





ce matin on commente jusqu'à la gueule de bois
tous les matins du monde ne vont quand même pas se ressembler
quel avenir pour l'avenir
tous les mondes ont-ils un avenir
l'avenir est-il fait pour tout le monde

pour changer de chaudière faudra casser le plafond du hall et passer par la salle de bain donc retirer la baignoire longer le plafond renoncer au meuble-lavabo et sortir à la verticale là on sera en règle vous serez en règle

un avenir en règle est-il un avenir sans gueule de bois
un avenir sans règle est-il la règle à venir
un avenir sans monde qui gueule
est-il
est-il



- sinon cette fatigue ça vous vient d'où
- du temps qui avance mon bon monsieur
- vous pensez qu'il a plus avancé aujourd'hui
- mon plus jeune fils fête ses 16 ans aujourd'hui mon bon monsieur
- un garçon plein d'avenir comme le plus grand
- je l'espère mon bon monsieur


je l'espère




dimanche 2 décembre 2018

Poèmes fondus / 38





héros si loin
craints quand exilés
aux départs incertains
la vie en eux
ne cessait

héros si humbles
aimés quand mutilés
aux origines impitoyables
les coups en eux
ne cessent

héros si cadavres
déniés quand somptueux
aux trépas recueillis
l’épouvante en eux
ne cessera






vendredi 30 novembre 2018

Ce matin / 37





"Le micro séisme d'une demi-seconde ratée dans un après-midi difficile"


Henri Michaux


elle revient
s'installe dans
cumule les demi-secondes

tu as huit syllabes
je te détruirai
en modifiant ton nom raté

grotitude
soliontude
solitruie
solitubre

tu en veux encore
je dois hurler dans mon micro
tu traines matin après-midi soir nuit
tu salis mon canapé mon lit mon bureau ma douche

salitronde
lolilule
drantutigre
difficilitude

dégage monstre

tu étouffes ris m'étouffes
je t'aime
reste
séisme-moi

vous êtes combien



mercredi 28 novembre 2018

Poèmes fondus / 37




je suis mien-dos
en trois liens symptomatiques

l’homme-dos le plus siège
flottant à rare altitude
et c’est mort quotidienne

l’homme-dos le plus au bout
son horizon en lieu de hasard
et c’est mort chronique

l’homme-dos le plus plante
rubriqué à la douleur des dames
et c’est mort idéale

je suis l’homme-dos
démonté








Ce matin / 36





hier encore quelqu'un est parti
la sœur de deux copains deux frères
je ne l'avais jamais rencontrée
elle avait quarante ans deux enfants

j'adapte en ce moment un roman d'Emmanuel Carrère
dans lequel une femme de quarante ans mère de deux enfants
se fait happer par le cancer

ce matin
j'aborde la scène de l'enterrement
et me renseigne sur la date de l'enterrement

écrire
comme on raye un tableau à la craie
insupportablement

ce matin est un matin connu de chacun
la pluie confond tout
et ne dilue pas la craie


tout nous emporte
le beau et l'infâme
le prévu et l'imprévu
le cœur et l'ouvrage





mardi 27 novembre 2018

Poèmesfondus / 37





se déversaient en terre
étreintes et baisers dociles

ruisselaient en terre
sueurs et larmes taries

on laisse sa peine brutale
on sanglote même un peu


demain en silences intimes
demain s’empêche


au seuil tiède
la pénombre
en un instant
dans tout le corps






Ce matin / 35




"...à l’heure où s’éveillait en moi cette angoisse qui plus tard émigre dans l’amour, et peut devenir à jamais inséparable de lui..."


Marcel Proust


ce matin
veille

veille sur l'amour
veille sur l'inséparable

veille à jamais
veille tard

et à l'heure
devenir

seule l'angoisse peut en lui






lundi 26 novembre 2018

Ce matin / 34




ce matin dit le poème

vous n'étiez pas immortels
vous aviez vu noir
vous courriez dans les profondeurs

rit le poème

l'immortalité était votre leurre
la noirceur était votre sol
la profondeur était votre vide

vit le poème

sinon dites
dites
criez
chantez

ça va c'était un joli jardin

un joli jardin
mais faites vite

gît le poème






samedi 24 novembre 2018

Poèmes fondus / 35



le rêve
avait rappelé
avait confirmé
aujourd’hui avait absorbé l’immortalité
les cieux
le vide
feu mon père
feu ma mère
le dîner du non est servi
brûlé
mon père plutôt que ma mère



vendredi 23 novembre 2018

Ce matin / 33





disparition du matin

ce qui est compris à l’instant est compris secrètement depuis longtemps
depuis l’instant qui appartient à la grande histoire du refus de voir
d’accepter de voir chaque instant comme l’accumulation d’une destruction au travail
voir ce qui n’est plus
ne voir que la trace de ce qui fut
mais comment voir ce qui ne se donne pas encore à voir tout en ayant déjà disparu

avoir été et être
à nouveau

secrètement
à soi

jeudi 22 novembre 2018

Ce matin / 32




ce matin de soi

il ne faudrait jamais descendre plus bas que soi-même
le problème c'est que le plus bas de soi-même est une zone mouvante et floue
elle joue à se cacher ricanant sur une fréquence inaudible à l'oreille humaine
elle attend que l'aventurier de sa propre vie entre en territoire désolé avec toute l'inconscience requise
une fois capté le captif sent le ciel se dérober sous ses pas et le sol lui tomber sur la tête

trop tard mon vieux
le dégoût est un plat qui se range au froid

sinon dit-il
ça va pensa-t-il

mardi 20 novembre 2018

Ce matin / 31




contrairement aux prévisions
ce matin n'est pas blanc
ce blanc qui craque fige tranquillise favorise le retour à soi lisant

hier à l'entrée de la forêt hésitation à se balader
les affichettes annonçant la chasse sont confuses et contradictoires
renoncer sous la neige fondante qui bourrasque

pas sûr d'avoir profité des 40 dernières pages de La Modification de Michel Butor
autant j'ai été presque hypnotisé par l'écriture jusque là autant je me lasse dans les derniers kilomètres
est-ce la lecture à d'autres moments de Proust qui m'a empêché de goûter jusqu'au bout

est-ce que la lecture simultanée d'un auteur influe sur la lecture d'un autre auteur
faudrait-il ne lire qu'un seul livre à la fois chose dont je suis totalement incapable
besoin de picorer accumuler entrechoquer les couches de lecture
est-ce le temps qui se réduit qui augmente ce besoin jusqu'à l'obsession

le temps est-il le sujet de tout grand livre comme de toute vie

sinon Proust m'est quotidien depuis 15 jours
ça va me mener où cette première vague proustienne
les 3000 pages d'un coup
en 2 ans
en 10

dans une librairie de village au milieu des best-seller du moment
tombé sur Dans la forêt de Jean Hegland en version poche
acheté parce que quelqu'un m'en a parlé
parce que le titre
parce qu'envie de ressortir de la librairie avec un livre en main
parce que je n'y avais pas été moi dans la forêt

à lire en même temps que Proust?






samedi 17 novembre 2018

Poèmes fondus / 34




lorsque
le proche du nom
est loin
le beau du nom
est parlé
lorsque
le mauvais du nom
est perdu
le beaucoup du nom
est éloigné

il arrive qu’on oublie
notre forme mère
notre bien sens
comme une autre liste de je







jeudi 15 novembre 2018

Poèmes fondus / 33





ma pensée
à l’autrefois suspendue


dite ici par hasard
par volonté pleine


parce que déposée
où la parole m’était apparue


cheminait à la rencontre
d’une langue lointaine


qui seule et périssable
suivrait le clair soupir


que teintent les pleurs
après les rires





mercredi 14 novembre 2018

Ce matin / 30




ce hier matin une pulsion

lire jusqu'à
avoir le projet de lire comme le projet d'écrire
si le projet d'écrire ne peut être tenu ou seulement éparpillé
celui de lire doit l'être           peut l'être
pourra
au moins pour soi
pour conclure comme Marcel Proust ayant achevé son œuvre

il fallait un vertige un gouffre attirant un éclair
absolument vital infini indéfini
absolument possible impossible
il fallait que toutes les pages soient là
tout près dans l'attente d'être chacune
élue et lue tour à tour

sinon sans ça ce qui reste de route aura moins de goût
de sens

IL FAUT BIEN SE CREER DE NOUVELLES OBSESSIONS 



mardi 13 novembre 2018

Poèmes fondus / 32





ton mort
à moitié refroidi
au chaud
du on même ensemble
banal blême enfant
visage cheveux mains
en cercle
tournent
tourne
solitaire
ton mort
esprit
en miettes
à mesure
d’une fin émue
à moitié
annoncé.e





lundi 12 novembre 2018

Poèmes fondus / 31




de lui
l’obsédé
parle
s’éloigne la pauvreté d’amour
guidée par le dégoût
sous
la nuit
s’épanche le frisson de l’âme
traîné par les pieds
hors
des hommes
parle
où est le frère
où est la lumineuse fièvre
nue sans cesse
parle mirage
parle


parle
mirage
que
l’obsédé se lève
étale sa charogne
et
règne
nu






vendredi 9 novembre 2018

Ce matin / 29




ce matin quelques lignes de Proust encore


l'autre jour une émotion incroyable à lire une page du début de
A la recherche du temps perdu


"Je voulus embrasser maman, à cet instant on entendit la cloche du dîner. « Mais non, voyons, laisse ta mère, vous vous êtes assez dit bonsoir comme cela, ces manifestations sont ridicules. Allons, monte ! » Et il me fallut partir sans viatique ; il me fallut monter chaque marche de l’escalier, comme dit l’expression populaire, à « contre-cœur », montant contre mon cœur qui voulait retourner près de ma mère parce qu’elle ne lui avait pas, en m’embrassant, donné licence de me suivre. Cet escalier détesté où je m’engageais toujours si tristement, exhalait une odeur de vernis qui avait en quelque sorte absorbé, fixé, cette sorte particulière de chagrin que je ressentais chaque soir, et la rendait peut-être plus cruelle encore pour ma sensibilité parce que, sous cette forme olfactive, mon intelligence n’en pouvait plus prendre sa part."


depuis trois jours que ces mots ont lu en moi
je cherche
je ne vois pas quelles phrases dans quel livre m'ont cloué de la sorte
il y en a eu certainement

certainement

là ça ne me revient pas
du coup cette œuvre gigantesque qui m'attire et m'effraie depuis longtemps
s'ouvre un peu
et
chaque jour j'y vais vibrant rien qu'à ouvrir le livre


sinon Marcel Proust a écrit dans une lettre (à Emmanuel Berl)

je ne suis moi que seul



jeudi 8 novembre 2018

Ce matin / 28





ce soir pour ce matin

ils ne prennent plus le temps de vivre dit la vieille dame regardant ses fils moissonner sans relâche

un père est mort avant-hier/le mien il y a vingt ans
un héritage à gérer/le mien m’a laissé sa mélancolitude

avancer dans le jour comme on roule dans le brouillard de milieu d’automne
prudent et inquiet

le temps de vivre se ramasse à l’appel
de la mémoire

sinon ça vit
sauf quand ça mémoire
quoique



mercredi 7 novembre 2018

Poèmes fondus / 30




c’est entre soi et soi
soi et le jour
soi et le fuir

les idéaux

c’est entre soi et combien de soi
soi et le flou
soi et le perdurer

les désirs

c’est entre soi et la frontière de soi
soi et l’intuition
soi et le parsemer

les espoirs

c’est l’histoire de la forcément perpétuation de soi
incomprise
inutile
impossible

l’histoire de l’expression de soi dans l’histoire
dans l’histoire
de soi partagé.e
dans l’histoire

le monde est cimes de soi






Poèmes fondus / 29




vite
style auquel
chaque totalité fouettée chaque
fidèle à glace émergente fidèle
au-delà du largement donné au-delà
traitant le ferme moment lui-même traitant
calculant le plusieurs ensuite calculant
pupitrant les volumineux disciples d’art pupitrant
fraisera en recette
chaque vite
au tamis des coutumes
l’art ouvert et encadré et rafraîchi
de la musique mousseline assise
fleuron
des quatre demi-saisons
de fin des fêtes de style 

fidèle à l’au-delà de l’art
chaque style émergent
calcule la recette volumineuse
au tamis ouvert
des saisons de fin de fête

ensuite se rafraîchit
de musique glacée




dimanche 4 novembre 2018

Ce matin / 27




ce matin (alors que le dos)

le précipice de soi ne se lève pas chaque jour
pas chaque jour à la même heure intérieure
quelques fois le vent s'y engouffre décidé et trouble
ce chant imprévisible libéré de toute intention occupe amicalement
ce que de soi on n'ose écouter

sinon le dos va comme la falaise sous la tempête
s'effrite imperceptiblement




samedi 3 novembre 2018

Ce matin / 26






dans le seul du matin patiente la joie du réveil de soi
la fenêtre de soi s’ouvre prudente
personne d’autre que soi pour secouer le temps de
les paroles sont confinées là où soi-même on s’interdit de piocher

(pour l’instant)

être seul avec son matin et n’ouvrir les yeux sur nulle part
nulle part soi
nu parle
seul




jeudi 1 novembre 2018

Ce matin / 25




ce matin (les matins durent quelques fois 24 heures)

mon dos a pris la saugrenue habitude de se lever avant moi se fichant pas mal des conséquences sur un sommeil déjà retors et capricieux

il aurait rêvé que ça ne m'étonnerait pas
un de ces rêves qui vous épuise d'avoir fui la horde de tueurs sanguinaires à vos trousses

l'anti-inflammatoire qui a atterri pas malgré moi sur la table du salon nargue ma résistance à la prise de tout médicament

je l'entends me susurrer de trompeurs slogans définitifs alors que nous savons que son chantier ne sera que provisoire et que nous (mes vertèbres et moi) aimerions une refondation en profondeur ad vitam aeternam

sinon que faire de cette humidité qui va comme je te transperce
sauf votre respect c'est une journée à oublier



mercredi 31 octobre 2018

Ce matin / 24





ce matin tasse

il suffit qu'apparaisse le mot pluie dans une phrase pour que j'entre plus encore dans le refuge de la lecture

que je me sente rassuré d'être au bien chaud du livre

il suffit qu'un paysage enneigé surgisse au détour d'un plan pour m'hypnotiser devant un documentaire

au départ de «Je ne comprends pas» Nathalie Sarraute a écrit un magnifique texte
le dernier de L'usage de la parole

commencer un livre par la fin c'est toujours commencer et
commencer c'est ne pas se résoudre à

sinon ça vaut pas le goût
sauf qu'il pleut

lundi 29 octobre 2018

Ce matin / 23




ce matin urbain brumeux virant 

brun 




les rides de campagne sont plus belles plus nettes plus cartographiées

filmer une femme/un homme attablé.e dans sa cuisine les mains posées sur la toile cirée dans le silence préféré à la parole
filmer la pensée c'est filmer un temps si subjectif sans équivalent 

l'enfant du dedans se rappelle la saison des châtaignes

sinon ça hiberne
sauf et sain


dimanche 28 octobre 2018

Ce matin / 22




ce matin nouveau temps

leurre d'hiver
tromperie à la bonne heure
les abeilles
continuer sa tâche celle qu'on se donne qui respire pour soi jusqu'à (s')épuiser le réel

sinon ça va s'enchaîner comme si hier déteignait encore
sauf la mémoire déchaînée elle dès l'aube






samedi 27 octobre 2018

Poèmes fondus / 28




j’avais
je vous le confie
un pavillon des fous
un crâne sans forme durable
où l’écriture se rencontrait dans les coins
où l’aveu des papiers morts
fourrait la peur primitive de l’accident dans des tiroirs prudents
où l’esprit enveloppé échouait sur des parchemins impérissables où les restes de mes têtes se hissaient sur des charpentes ordinaires où un vieux scarabée consignait mes circonstances sur des bandes soigneusement jugées

je vous le confie

un scarabée singulier
dessinait
dans mon crâne et m’y assurait
un sens minime
dernier


Ce matin / 21




un matin

il se serait aventuré dans la forêt
des hectares de forêt à perte de vie
un bain rêvé de vert et de belle absence
un enfouissement grandeur nature pour déchets psychiques destinés à décharge
une déraison salutaire
il marcherait avec sa couverture de survie se survivant à ce qui échoue de lui au milieu des autres
il marcherait
ne croisant personne d'autre que ses douteux fantômes
une pluie se mettrait à chuter
enfin
comme on souhaite tous qu'une pluie nous efface sans prévenir

sinon et sauf
dans la poche
au cas où



vendredi 26 octobre 2018

Ce matin / 20



c'est malin

je ne lirais jamais ce que j'écris
un.e volontaire pour relire le premier jet
un premier jet volontaire pour écrire à ma place
je céderais volontiers ma place à un jet quelconque pour autant qu'il ne m'oblige pas à le relire

sinon quoi
continuer à écrire soi-même sur soi-même pour son abyssal soi-même
sauf à être soi-même satisfait
on finit toujours par remplacer l'écriture par sa propre écriture





Poèmes fondus / 27

d'après



il est EPOQUE
pour
marché de l’éventualité
exploitation de la diversité
(probable problème)
peut-être exemple…
mieux vaut
question distinguée à curébaronnoble
que
réponse douteuse à paysan
vaut mieux
décoration de la question à bourgeoisnotable
que
peinture de la réponse à paysan
(sensible problème)
mais en fait sans doute
SURTOUT
remarqué
(évidemment)
((précédemment))
médiocrité des problèmes à SENS
des problèmes à réalité
des problèmes à étude
des problèmes à analyse
des problèmes à ambition
des problèmes à hypothèse
DES problèmes à importance
des importances à peuple
PEUPLES
peuples à dérive
peuples à rien
peuples à lieux
peuples destinataires
peuples à CONSOLER
IL EST EPOQUE A CONSOLER
(nécessaire)




jeudi 25 octobre 2018

Ce matin / 19





ce matin

pas de rencontre avec le loup
le loup n'est pas revenu par ici
pas de nourriture pour lui dans les parages

peut-être que j'aimerais ça être confronté au loup
me demander combien de brebis attaquées cette nuit

le savoir pas loin épiant silencieux

peut-être que j'aimerais être confronté à ce genre de questions plutôt qu'à toutes les autres qui reviennent errer par ici

sinon si le loup pointait le bout de sa nuit je m'adapterais
sauf contre indication (mais de qui)

samedi 20 octobre 2018

Ce matin / 18





ce matin lillois

encore imprégné de la voix de la poésie de la fascination de Tracie Morris
écrire mettre en mouvement les vulnérabilités heureuses avec Samira El Ayachi et Sandrine Becquet ce fut bel abandon torsions retorses éloge de la vertèbre usée 
comme ce fut bon même quand ce fut limite
comme ce fut limite surtout quand ce fut bon
écouter cet après-midi Milady Renoir Arno Bertina Dominique Sigaud Nathalie Quintane
comme ce sera bon

sinon quoi d'autre de bon
sauf que rien d'autre c'est déjà pas mal bon





jeudi 18 octobre 2018

Ce matin / 17




ce matin

vous vous apercevez qu'il ne s'agirait pas de traîner non que vous vous soyez levé tard (trop tôt même) mais il vous revient qu'il y a ci et ça à exécuter avant que de

vous prendrez cependant le temps de lire un peu (La modification de Michel Butor) de préparer une salade pour le midi de repasser une chemise c'est aujourd'hui travail d'acteur dans un hôpital c'est curieux écrit comme ça mais c'est votre réalité du jour

vous espérez caser dans ces minutes comptées quelques postures de yoga pour assouplir cette chaîne musculaire (ce n'est pas ce qu'il y a de plus réussi chez vous) que vous échangeriez bien contre (contre quoi dans le fond)

vous aurez consulté votre solde bancaire et ce sera une erreur de se lancer dans la journée avec ce constat maussade que vous auriez pu vous épargner

sinon ça va aller vous dites-vous
sauf qu'il y a cent bornes à parcourir avant que de faire l'acteur hospitalier (pfffff pensez-vous)

ps : aujourd'hui vous lisez Michel Butor, hier Nathalie Sarraute et avant hier Arno Bertina (tout ne va pas si mal) vous échappez à Christine Angot, Philippe Djian et Olivier Adam (tout va très bien)