lundi 19 décembre 2016

Un monde étriqué.



récemment à mon oreille, tu as un problème avec l'alcool

et avec Noël, avec le bruit, avec les groupes, avec l'obligation de boire comme tout le monde, avec l'obligation de m'amuser comme tout le monde, au même moment, de la même manière

avec l'obligation

ca veut dire quoi s'amuser

le regard incrédule ou offusqué de celui ou celle qui s'entend dire par moi que non je ne viendrai pas à ce réveillon ou cette sortie, que non je ne le sens pas, sachant fort bien le déroulé alcoolisé de la soirée et l'isolement qui sera le mien à ne pas embrayer dans le mouvement collectif

m'a réveillé à 6h45 cette humeur, après 4 petites heures de sommeil

très sérieusement, mes oreilles ont bondi l'autre jour lorsque, tout aussi sérieusement, les mots si tu ne viens pas, je serai réellement choquée m'ont été jetés manu militari à la face, pas une once d'humour ou de second degré, non une flèche décochée à la seconde de mon refus

me donne juste envie de trouver mon lac Walden

non seulement, il me faudrait venir, mais encore manger (beaucoup), parler (de quoi, aucune conversation n'allant jamais très loin, entre qui veut encore du rosbeef/tu peux couper du pain/y a encore du vin), et pour traverser tout ça, boire des sulfites déguisés en bouteilles de vin

je n'ai jamais beaucoup bu
et n'y peux rien si
en prenant de la bouteille
deux gorgées de vin me broient déjà le crâne
et une bière d'abbaye me voit lourd le lendemain
(j'apprécie les premières gorgées)

dictature de ce qu'il faut faire et comment et à quelle date et du sourire à arborer et la joie d'être ensemble et s'enivrer et chercher un autre siège au retour des toilettes et se rendre utile en débarrassant les assiettes vides et arriver en cuisine ou ça cause aussi fort qu'à côté

suis-je malpoli, associal, méprisant, extraterrestre, ours de chez ours

suis-je libre

problème avec l'alcool, problème avec le groupe, problème avec le bruit

problème avec le rôle

finis par devenir un problème à moi tout seul il semblerait

pour qui

s'arrange pas en vieillissant lui

pas pour moi

le problème se situe où

chez moi

quand je me retrouve au milieu de plusieurs personnes qui parlent en même temps, de conversations croisées, mes oreilles crient au secours, mon cerveau bat la campagne, l'ensemble des mots prononcés produit un seul amas confus, une tornade, où je me noie

chez l'autre

l'entourage (qui ferait office de famille quand celle-ci n'existe pas) est exigeant, intolérant, inattentif, égocentrique, aveugle et sourd



causer avec une personne à la fois
là est mon plaisir
prendre le temps
se poser avec l'autre au bord du lac
contempler
laisser venir les pensées
ne pas se ruer sur les premiers mots

un peu de sens
au calme

sinon oui je mords
ou
je
fous
le
camp
au
bord
du
lac


JOYEUX NOEL


Je voyais un reportage sur cette femme qui vit en yourte près d'Alès et les soucis qu'on lui cause (la mairie) et le dérangement qu'elle semble occasionner à son voisinage qui ne tolère pas cet habitat autre.
Ma yourte imaginaire semble déranger aussi.
Dans quel petit monde étriqué vivons-nous...






1 commentaire:

  1. je comprends parce que je ressens souvent le besoin de distance

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